Editorial

« La vie n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre comment danser sous la pluie. » (Sénèque)

En ces temps troublés, de crises politiques et économiques et de menaces, notamment sur les ressources (énergie, matériaux, …) et les financements, la sérénité n’est guère de mise tant dans la monde de l’entreprise (à commencer par les TPE et PME) , pour les employeurs, les manageurs et les salariés, que chez celles et ceux qui les accompagnent et qui s’inquiètent de leur avenir …

Pourtant, nous voudrions être de ceux qui portent des messages d’espoir, non pas béats mais fondés sur l’initiative, l’audace et l’obstination à bien faire.

Et ce, en portant le message exigeant que la performance dépend de la dynamique de la qualité du travail, de l’expérience et du développement des compétences des salariés et de leurs manageurs et de la capacité à attirer, intégrer et inclure les talents de celles et ceux qui sont aux portes de l’entreprise. En somme, tout le contraire du message et des menaces de l’administration actuelle de Washington !

C’est pourquoi, sans cesser de porter le sujet majeur de la reconnaissance sociale et professionnelle (de la relance de la VAE à la Reconnaissance ouverte et à l’évolution nécessaire des grilles conventionnelles), notre Association veut rebattre les cartes d’une thématique née dans les années 60 [1], qui a été redéfinie par l’OCDE à la fin des années 90 comme « les connaissances, les compétences et les autres qualités que possède un individu et qui intéresse  l’activité économique » [2] et qui peut permettre d’avancer dans le maquis des représentations de la  Responsabilité Sociale et Sociétale (et pas seulement Environnementale) des entreprises.

En effet la dynamique dont nous parlons et qui, fort heureusement est déjà en œuvre (en particulier sous l’impulsion d’un dialogue social positif), aussi bien dans des entreprises que parfois dans des groupes et sur les territoires, y compris dans le cadre de Groupements d’Employeurs, s’oppose aux effets de modes, au « green washing » et autre marketing du  «bien-être au travail » non vérifiable.

Les témoignages que nous avons pu solliciter et mettre en avant, notamment lors d’une de nos « Conversations Professionnelles » récentes [3], démontrent, s’il en est encore besoin,  combien sont compatibles les logiques de recrutements inclusifs (y compris de facilitation de l’accès des femmes dans le numérique) et/ou de fidélisations de talents tant issus de la diversité que seniors et la recherche de développement économique et de performance (aussi bien dans l’aéronautique que dans certaines enseignes de la grande distribution … et pas seulement l’Economie Sociale et Solidaire, où c’est naturel).

Mais nous voulons ouvrir un autre « front », en cette période de restrictions budgétaires et donc de baisses, sans doute durables, des subventions Etat-Régions, celui du financement de l’investissement dans les compétences en entreprises.

Pour rappel, les deux réformes de la formation de 2014 et 2018 ont enfin mis fin à l’imputabilité de la dépense de formation dans les entreprises (en deux temps, dans les entreprises de 300 salariés et plus, en 2014, puis dans les entreprises de 50 à 300 salariés, en 2018). On est passé « d’une logique de dépense contrainte et d’obligation de moyens à une logique d’investissement et d’obligation de résultat ».

Le  Plan de développement est donc devenu « un outil de gestion des talents » et, en tant que « document de planification et de suivi global de tout ce qui contribue à entretenir et développer le capital de connaissances et de compétences de l’entreprise », il  s’inscrit dans une logique d’investissement stratégique.

Néanmoins, cette définition, portée par le code du travail et une abondante littérature, n’est pas encore suffisamment en œuvre, hormis dans les entreprises de moins de 50 salariés soutenues en cela par leur OPCO [4].

Et cela va nous amener à poser autrement les questions de financement dans les compétences, en particulier à l’occasion de notre « Université 2025 » :

  • Si on est d’accord sur le fait que le développement et l’évolution des compétences sont une des conditions de la performance sociale et économique de l’entreprise, pourquoi aller sur ce terrain à reculons , en attendant le problématique retour d’un printemps des subventions ?
  • Si on est d’accord pour mettre de l’audace et de l’innovation en l’affaire, pourquoi ne pas lier beaucoup plus impact de l’entreprise et financement responsable, en allant à la rencontre de la « finance durable» , qu’elle soit privée ou un mixte public-privé sur les territoires ?

Et, « last but not least », nous allons reposer à partir de là, avec persévérance, une des questions qui était dans les réflexions qui nous ont amené à créer l’ADevComp en 2019 : pourquoi ne pourrait-on pas voir au bilan de l’entreprise les efforts d’investissement dans les compétences [5] ?

Autant de questions à propos desquelles échanger, contribuer à construire des solutions partenariales et travailler avec et au sein de notre Association.

Jacques FAUBERT,
Président de l’Association pour l’accompagnement
et le développement des compétences (ADevComp).


[1] Notamment avec « Human capital » de Hary Stanley Becker (1964)

[2] « L’investissement dans le capital humain : une comparaison internationale » (OCDE, 1998)

[3]  Voir le compte-rendu de notre «  Conversation professionnelle » du 13 mars 2025 sur notre BLOG.

[4]  « Rapport sur l’usage des fonds de la formation professionnelle » (FRANCE COMPETENCES, 2023).

[5]  Sujet que portent tant des entreprises comme GOODWILL-Management que des chercheur(e)s comme Valérie CHAROLLES de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).

UNE « SEANCE INAUGURALE » STIMULANTE :

Le Cycle « MASTER CLASS DIRIGEANTS » a été lancé le 17 février 2026, avec une présentation (qu’on retrouvera ci-dessous), qui a d’abord rappelé que cette initiative est centrée sur le repositionnement stratégique des entreprises face aux défis actuels et sur la valorisation de leur capital immatériel.

Le point de départ de la discussion du jour a été le constat d’un modèle français, qui finance l’acte de formation plutôt que le résultat, conduisant à une optimisation administrative au détriment de l’efficacité, et celui de la nécessité de l’urgence d’agir face aux transformations systémiques (écologique, démographique, technologique).

« La Master Class vise à construire, avec des responsables d’entreprises concernés, un nouveau modèle où l’entreprise piloterait ses besoins en compétences, où le capital humain appartiendrait à l’individu (valorisé par une reconnaissance continue) et où le capital immatériel serait un actif géré par l’entreprise » a souligné Hubert GRANDJEAN (dirigeant de l’AFDEC et vice-président d’ADevComp).

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UNE NOUVELLE INITIATIVE 2026-2027

LE CYCLE « MASTER CLASS DIRIGEANTS »

En France, le développement des compétences a été progressivement ramené à une logique de financement de l’action de formation et de conformité administrative. Le résultat est connu : on pilote l’éligibilité et le coût, beaucoup moins le résultat en situation de travail.

Pour une PME, cela se traduit par une montée en compétence trop lente, trop contrainte, et difficile à financer quand la trésorerie est sous tension.

C’est en partant de ce constat (et de celui du retard que la France prend au plan international en la matière), que notre Association a voulu coconstruire avec des responsables d’entreprises engagés (TPE, PME ou ETI) un cadre de travail capable de produire des pistes, des éléments concrets de réponse.

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UN COLLOQUE INTERNATIONAL POUR LA RECONNAISSANCE OUVERTE :

La dynamique de l’e-pic (que nous avons soutenu et dont nous avions rendu compte en 2024) s’est poursuivi avec succès du 21 au 23 octobre 2025.

Ce Colloque international a encore bénéficié de la participation de nombreuses délégations étrangères des quatre coins du monde et d’acteurs français importants (de France Travail aux Acteurs de la compétence et aux Réseaux des APP jusqu’à des OPCO comme l’AFDAS ou UNIFORMATION) malheureusement pas en assez grand nombre, aux vues de l’importance du sujet et de ses enjeux.

Ces 3 jours ont permis de nombreuses échanges stratégiques et de pratiques entre acteurs, autour de l’équipe de RECONNAITRE, son Président, Serge RAVET, et son Délégué général, Philippe PETITQUEUX. Ça a été l’occasion également d’une appropriation collective de plusieurs travaux, notamment issus du « Comité National des Acteurs des Badges Numériques » (dont ADevComp s’honore d’être membre) :

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FAIRE TOUTE SA PLACE A LA RECONNAISSANCE OUVERTE ET PROMOUVOIR SES PRATIQUES :

Telle était l’ambition du webinaire organisé en commun par l’AFREF et ADEVCOMP le 16 octobre 2025 (quelques jours avant le Colloque e-pic 2025 de Paris).
C’était une « première », mais nos deux associations se sont promis  non seulement de s’inviter aux initiatives l’une de l’autre mais dans organiser plusieurs autres en commun.
Animée par Patrick WAELES et Jacques FAUBERT, cette rencontre a bénéficié notamment des apports de Serge RAVET (Pdt de RECONNAITRE et organisateur du Colloque précité) et Muriel MOUJEARD (cogérante de la Scop TEMPTA en Normandie et membre du Comité National des Acteurs des Badges numériques).
Au-delà de beaux échanges sur le sens, la portée et les conditions éthiques de son déploiement, la Reconnaissance a fait l’objet d’une présentation synthétique (voir le Schéma joint), ainsi que d’une mise en perspective (voir le Manifeste joint) et d’une présentation – en avant-première sur le Colloque des 2-22-23 octobre) d’une partie des nombreux travaux en cours (voir le Cadre de référence proposé pour les « pratiques de reconnaissance ») dont une mise en lumière de la nouvelle Norme AFNOR pour le déploiement de la reconnaissance en entreprise (à laquelle contribue notamment Serge RAVET et notre vice-président Hubert GRANDJEAN )…
Nos précieux amis du Quotidien de la formation en ont fait un compte-rendu intéressant, que vous retrouverez joint.
D’autres initiatives en ce sens suivront !